Mes débuts à



Je vous parle d'un temps où la France n'avait que huit radios dont trois
seulement étaient d'état : France Inter, France Culture et France Musique qui
diffusaient déjà leur programme en F.M. et en stéréo. RTL, Europe 1 et RMC
diffusaient en Grandes ondes, l'émetteur de RTL était au Grand Duché du
Luxembourg, celui d'Europe 1 en basse saxe et seul RMC avait eu le droit de
l'installer en haute provence. Les autres radios, Sud Radio était au col
d'Envalira en Principauté d'Andorre à 2407 mètres et émettait en ondes moyenne
tout comme celui de Radio Andorre beaucoup plus vétuste puisqu'il fonctionnait
encore avec des lampes gigantesques refroidient par une circulation d'eau
provenant d'un bassin qui se trouvait sous l'émetteur. Malgré cela cette radio a
été très écoutée après la guerre, on se rappelera son fameux "AQUI RADIO
ANDORRA" et sa chanson fétiche "Sombreros et Mantilles" interprétée par Rina
Ketti.
J'avoue vous parler de tout cela de mémoire car je n'ai pas connu cette époque
bénie. Comme tout jeunes gens qui rêve de faire de la radio j'avais envoyé C.V.,
maquettes à tous ces médias; j'avais participé en 1972 au prix Michel Cogoni
organisé par RMC, cela se passait le samedi en fin d'après midi dans l'émission
de Jacques Bal, complice alors de Jean-Michel Desjeunes et de Pierre Lescure,
une demie- heure d'animation en direct pour chaque candidat avec invité (j'ai eu
beaucoup de chance d'avoir eu à interviewer Roger Witaker et Françoise Hardy
très locace à l'époque) puis verdict du jury composé de l'invité et de
professionels de la radio,avec en prix une embauche de trois mois sur RMC,
pensez si nous en revions tous, l'exemple de Jean-Pierre Foucault qui avait
débuté sa carrière de cette façon là au côté de Patrick Topalof quelques années
au paravant nous stimulait beaucoup. Ca n'a pas été aussi simple, il n'est pas
évident pour un jeune marseillais de perdre son accent, c'est ce qui m'a été dit à
l'issu de ce concours, surtout que quelques semaines après cette expérience je
me présentais à un casting pour FR3 radio où je me suis evertué à parler pointu,
et là on m'annonçait qu'il recherchait plutôt quelqu'un qui avait ce bel accent
que l'on prend du côté de Marseille. Après une quantité de cassettes envoyées,
de rendez vous en rendez vous improductifs, Monsieur Gilles Marquet directeur
général de Radio Andorre me recevait dans ces bureaux au 22, rue Bayard à
Toulouse,( c'était probablement le destin), en arrivant dans l'entrée j'entends
dans la pièce à côté ma voix... M. Marquet écoutait ma cassette tout en venant
m'accueillir personnellement, quel honneur, cet homme très courtois me dit que
ma voix est chaleureuse, qu'il y a quelque chose d'intéressant mais qu'il n'a pas
de place pour moi dans sa grille de rentrée, refrain que j'avais déjà entendu, sauf
si l'un de ses animateurs partait au service militaire.
Une semaine plus tard, je recevais un télégramme me demandant de venir
d'urgence le revoir, J'étais si heureux que j'ai battu ce jour là le record de
montée d'escalier pour annoncer la bonne nouvelle à ma mère.
Je n'étais pas tout-à-fait au bout de mes peines car arrivé à Toulouse M. Marquet
m'indiquait que la matinale se libérait mais que les studios se trouvaient en
Principauté d'Andorre alors que j'étais persuadé qu'ils se trouvaient à Toulouse.
Je me suis rendu sur le champ à Andorre la Vieille et l'aventure commençait.


Lionel Cassan-Alain Tibolla-Michel Cotet-Michel Bory-Christian
guillard-Dany Marchal

Max Lafontaine
Alain Tibolla
L'entrée de Radio Andorre

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